televisionJe regarde sur un coin d'écran la première de l'émission littéraire de la nouvelle grille de France 2, animée par Guillaume Durand, intitulée Esprits libres et programmée à 23h40, en direct de chez Drouant (en attendant le Goncourt). Il y a sur la table de très joli petits umpc (ou archos?) noirs retransmettant l'émission (qui font trop moderne) et autour plein d'écrivains/critiques/éditeurs/présentateurs télé (cochez une ou plusieurs cases).

Éric Naulleau stigmatise (comme d'habitude) la pensée unique qui l'empêche (on voit ça) de dire du mal de Christine Angot. Il déplore l'irrésistible déclin de la littérature française. Il a aimé, toutefois, la haute tenue du livre dont on parle ensuite, forcément, du livre qu'il faut lire cette rentrée, vous savez celui d'un jeune auteur américain mais francophone qui n'a pas hésité à se mettre dans la peau d'un nazi et qui a rédigé son premier jet en quatre mois après quatre années de documentation ... on en parle de manière polémique, forcément, ça fait vendre ... puis on revient sur Christine Angot, et on se querelle un peu, aussi, mais moins (mauvais signe ça).

Je vais plutôt continuer la lecture de Démolir Nisard d'Éric Chevillard (Minuit, 2006) dont je reparlerai certainement. Son incipit n'est pas hors sujet :

Selon Désiré Nisard, la littérature française a entamé son irrésistible déclin dès la fin du XVIIe siècle et la mort de Bossuet, opinion qu'il énonce en 1853, c'est dire comme les choses ont dû se dégrader encore, c'est dire quelle aversion lui eût à coup sûr inspiré cet ouvrage, daté des premières années du XXIe siècle. Et certes, il ne sera pas écrit dans le style des classiques latins chers à son coeur, mais cette tare n'eût été que le prétexte allégué par ce faux jeton de Nisard pour justifier son dédain, nous ne sommes pas si naïfs. (p. 7)