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jusqu’à l’exténuation de toute parole parler
jusqu’à l’épuisement lire dans la lumière
:
hommes, nous aurions dû être vivants
sous les espèces de l’arbre & de la pierre
:
& vois donc ces visages ces traits – tout ici s’efface
tout se met à flotter
dans l’indécis
:
seule certitude – le loquet de la glotte
se prolonge & se perd
sans fin

& dans le bol de lumière noire où les constellations font signe
vivre tête renversée lire lire lire & parler
jusqu’à ce que la lumière vire
& que les pierres crient
& les arbres

Auxeméry, Les Animaux Industrieux, Flammarion, 2007, p. 92

Parfois la mise en page blog limite beaucoup : ici impossible de restituer les blancs, les décrochements, les espaces de la page sans recourir à son image :

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Poète et traducteur, Auxeméry (c’est un pseudonyme) est né en 1947

En ligne :
- un autre extrait, choisi par Dominique Fromentin : « Auxeméry : sortir des cercles »
- « La nature des choses », des extraits de Codex (Flammarion, 2001) (Géopoétique)
- la notice bio-bibliographique très complète de Poezibao
- une page remue.net
- « La bibliothèque idéale d’Auxeméry » (Revue des ressources)